Archive for Juillet, 2009

Ah, quand même !


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Ça fait plus de deux mois que j’ai laissé sans nouvelles les copains qui ne peuvent pas me téléphoner.

Ils ne m’en voudront pas, vu que c’est des copains, d’autant que les ordinateurs de la maison ont très mal supporté les 8 mois passés seuls éteints dans un sauna.

 

Allons-y, et sachez que malgré les apparences, je résume, si si :


Or donc, après chimios + radiothérapie et épousailles avec Waew (à Vauvert, France, le 14 Février 2009, jour de la St Valentin, ce qui m’économise 1 cadeau par an …), puis nouveaux examens (biopsie de la vessie, scanner …) puis une opération de la cataracte (oeil gauche) plutôt foireuse, ce qui a fait renoncer au moins provisoirement à l’opération de l’oeil droit, nous sommes retournés en Thailande le 15 Mai.

Visite de la famille dans le Nord-Est, quelques démarches à Bangkok, retour à la maison à Phuket, reprise timide de mes activités en uniforme …
Et paf ! Le soir du 14 Juin, douleur constante et lancinante au rein droit (le seul qui fonctionne encore) et … Zéro pipi. Cela pendant une quinzaine d’heures, après quoi je me décide à aller à l’hosto. La douleur a cessé mais toujours zéro pipi.
Là, on me passe illico en échographie et au scanner.
Détail important pour la suite : pour avoir une meilleure image de la vessie, comme le rein ne la remplit pas, on me la remplit, dans la salle du scanner, avec un tuyau enfilé dans la zigounette (c’est une infirmière canon qui se charge de la chose, mais tout de même … c’est pas aphrodisiaque du tout, à mon goût)
L’urologue qui m’a diagnostiqué le cancer l’an dernier déboule, me dit qu’on ne voit rien de spécial à l’échographie ni au scanner, mais que manifestement ça coince quelque part, le rein est donc dilaté, et que pour lui le cancer est toujours actif, que cette anurie lui est directement imputable, et que pour soulager le rein il importe de me faire tout de suite une néphrostomie, autrement dit un trou dans le dos avec un tuyau qui aboutit dans une poche à pipi … Pour m’achever le moral, il me fait part de son grand scepticisme (pour ne pas dire que c’est de la foutaise à son avis) quant à la possibilité de guérison de mon cancer au moyen de traitements chimio+rayons !
Il me propose donc de m’hospitaliser jusqu’au lendemain, je fais la gueule mais on rentre à la maison pour prendre quelques affaires.
Et là, miracle, je me remets à pisser.
Je retourne donc tout jouasse à l’hosto, mais ils n’en démordent pas, si j’ose dire, ils veulent me faire une néphrostomie. Cependant, comme je pisse à nouveau, je m’y oppose. Moi je préfère penser que mon problème en l’occurrence est imputable aox séquelles des rayons et qu’il peut s’arranger. Ils n’ont d’aileurs aucune preuve du contraire à me fournir, sauf leur avis.

Prise de sang, je reste la nuit, et évidemment les résultats de la prise de sang sont très mauvais : la créatinine (dont l’abondance est signe d’insuffisance rénale) est le quadruple de la normale, ce qui est logique vu qu’elle n’a pas eu le temps de baisser depuis que je re-pisse ! Comme cette quantité de créatinine définit une insuffisance rénale sévère, ils insistent pour la néphrostomie, je refuse et rentre à la maison, prévoyant de refaire une prise de sang pour surveiller ladite créatinine (en Thaïlande vous n’avez pas besoin de passer par un médecin pour faire des analyses, vous allez à l’hosto et demandez ce que vous voulez).
Quelques jours après, je constate qu’elle est retombée de 4 fois trop à 2 fois trop … Bah, c’est bon.
Mais … Dans la 1ère semaine de Juillet, boum … Nouvelles douleurs au rein droit, grosse fièvre, frissons … Je parie pour une infection uriniare ce coup-ci.
Je file dans un autre hosto, analyse d’urine, on me confirme (1/2 heure après, ils traînent pas là-bas) que je fais une infection urinaire, un toubib me prescrit des comprimés de ciproflotaxine. Il me propose une échographie et de me garder hospitalisé un jour ou deux Je prends l’antibiotique, et je le remercie mais je rentre chez moi. Les échographies et scanners ne révélant rien à ce stade, pas la peine d’en refaire, je dis ! Quant à la menace d’un risque de « choc » avec la prise des antibiotiques pour me facturer une ou deux journées d’hosto, foin de !

Vous le savez comme moi, lors d’une infection urinaire, on vous file un antibiotique au pif en attendant les résultats de l’antibiogramme, ce qui prend 2 jours à cause des cultures à faire pour déterminer quel est exactement le germe et à quel(s) antibiotique(s) il est sensible.

Seulement, voilà : le gentil blaireau toubib s’est contenté de me faire faire une analyse révélant juste un infection, mais pas d’antibiogramme.

Résultat au bout de 4 jours douleurs toujours présentes, fièvre de cheval (j’en étais à 1 g de paracétamol toutes les 6 heures sinon je remontais à 40 …)

Je décide donc de retourner à l’hosto, demande à voir un autre praticien, je tombe sur une toubib plûtot davantage à l’écoute que son confrère .

Elle écoute mon histoire, on est le 8 juillet, je lui dis que je veux pouvoir prendre l’avion le 15, elle me fait faire les analyses requises, et me dit qu’elle me propose une perfusion quotidienne de ceftriaxone pendant 5 ou 6 jours.

Ok, pas d’hospitalisation mais visite d’1 heure ou 2 à l’hosto tous les jours

Et, bingo, la toubib a misé sur le bon antibio, car la fièvre cesse dès la première perfusion. L’antibiogramme confirmera, d’ailleurs.

Au passage, il s’agit d’un staphylocoque doré (la classe …) et non pas d’un machin genre entérocoque ou autre. Il y a donc gros à parier que la cochonnerie m’a infecté lors du remplissage de ma vessie par l’urètre pour le scanner !

On s’envole le 15 juillet : aéroport de Phuket, Kuala-Lumpur et ses trottoirs roulants interminables, Roissy et ses escalators en panne, queue et attente à la gare, TGV, puis Nîmes-Vauvert … 24 heures de voyage au total.

Arrivée à l’état de pitoyable épave au pont de roupiller près de 48 heures, puis contact médecin traitant, analyses, créatinine très mauvaise, hospitalisation.

Mais comme les anesthésistes du coin se souviennent de mes 7 blagues sur la table, aucun n’a envie de me voir au bloc … On tente donc l’observation et la mise sous corticoïdes, pour voir.

Finalement, après 1 semaine, la créatinine étant à nouveau revenue à 2 fois trop au lieu de 4 fois trop, on me renvoie dans mes foyers avec surveillance à effectuer, prise de sang hebdomadaire.

Concernant l’éventuelle récidive du cancer lui-même, scanner et cystoscopie prévus début septembre.

Pour le moment, je bulle !

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