Boeufs Mode

Là où l’on voit bien qu’on a changé d’ère, c’est en considérant les sources des modes.

Jusqu’il y a quelques décennies, les modes étaient générées par les attitudes du “gratin”. Les putes essayaient de se déguiser en marquises, les barbeaux en dandies, les cousettes en femme du monde et les ouvriers en notables.

C’est maintenant tout le contraire, depuis la promotion de la mode pétasse (merci Madonna) et de la mode loubard (merci Renaud, pour la France, à noter que ce dernier, issu de la haute bourgeoisie, a simplement su choisir le bon créneau).

Rien que de très logique, il est tout de même moins cher (mais surtout plus facile et plus courant) d’accéder à la vulgarité - ou de se la pérenniser - qu’à une certaine distinction, laquelle ne peut être que naturelle, sans être pour autant congénitale.

On peut toujours faire de la merde avec de l’or, le contraire c’est plus dur.
Sans compter que les suffrages d’or sont plus rares.

La seconde règle nouvelle est : moins on a de talent, plus il faut être extravagant.
Il faut cependant reconnaître que l’extravagance est devenue pratiquement obligatoire dans le domaine artistique, même quand on a du talent. Car dans le cas contraire on se prive de l’extase des abrutis, ce qui représente un potentiel commercial majeur, toutes les agences de pub le savent.

Cela dit, l’assez récente mode des crânes rasés (merci le néanmoins sympathique Barthez, il a fallu que ça attende de venir du foot plutôt que de l’acteur Yul Brynner, plutôt classieux, ce qui confirme mes dires) n’est pas sans avantage, je le reconnais, sans pour autant avoir à y sacrifier.
burnecoque
Elle permet notamment à tous ceux qui étaient préoccupés par leur coiffure, cheveux à leur avis trop gras, trop secs ou trop frisés, trop raides, trop fins, trop épais, clairsemés, calvitie, épis, pellicules etc. d’éluder le problème tout en se donnant un genre.
De plus, c’est tout bénef pour les vieux chauves qui maintenant se retrouvent être à la mode, quand ils ne choisissent pas de se laisser pousser les reliquats jaunis très longs sur la nuque et les tempes.
Pour les plus costauds, la boule à zéro, ça en impose façon brute, et pour les plus grassouillets, ça donne un petit air eunuque qui met en confiance.

1 Commentaire »

  1. ZIZI déclare :

    22 Juillet 07 à 9:17

    Le hic c’est que ça devient un “vélodrome” à mouches !!!

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